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Tokyo, Japon — Une enquête de Greenpeace qui a duré quatre mois a mis à jour un des secrets les plus embarrassants de l’industrie baleinière japonaise. Au cœur de ces secrets figure la vente sur le marché noir de viande de baleine obtenue grâce aux programmes de chasse à la baleine que subventionne le gouvernement japonais.

Les preuves récoltées par Greenpeace au cours de cette enquête montrent bien qu’à bord du navire-usine Nisshin Maru, un système à grande échelle a été mis sur pied pour systématiquement voler la viande provenant de la chasse à la baleine dans l’océan Austral. Greenpeace estime que cette pratique frauduleuse s’est étendue sur plusieurs
années.

Au cours de cette enquête, Greenpeace a pu se procurer sur le marché noir une boîte de viande de baleine issue de pratique frauduleuse. Cette boîte contenait 23,5 kg de viande de baleine. Connue sous le nom japonais de « Unesu », elle est conservée dans le sel, plutôt que par la méthode officielle, soit la congélation.

Cette boîte obtenue par Greenpeace est l’une des quatre boîtes d’effets personnels qu’un employé de Kyodo Senpaku et membre d’équipage du Nisshin Maru a fait parvenir, par courrier express, à son domicile à titre d’effets personnels. Son prix va de 1000 $ à 3000 $ CAN sur le marché noir. Une enquête plus approfondie de Greenpeace a également révélé que 23 membres d’équipage ont fait parvenir à leur domicile 93 boîtes « d’effets personnels » à plus de 30 différentes adresses postales.

Cette enquête révèle l’existence d’un réseau de détournement impliquant les membres d’équipage du Nisshin Maru. Ce réseau utilise les meilleures coupes de viande de baleine obtenues au cours des expéditions de ce navire-usine. Il s’organise pour faire sortir cette viande du navire à titre d’effet personnel dans le but de la repasser à de nombreux revendeurs aux fins des activités illégales de vente.

Greenpeace a remis mercredi à des procureurs japonais les résultats de son enquête à titre d’éléments de preuve sur la corruption à grande échelle des opérations « scientifiques » de chasse à la baleine que subventionne le gouvernement japonais. L’organisation environnementale demande une enquête publique complète afin de faire la lumière sur le niveau de corruption dans le programme « scientifique » japonais de chasse à la baleine. De plus, Greenpeace exige la fin des subventions pour ce programme « de recherche » et le retrait de la licence d’opération de la compagnie qui gère ce bateau.
Plusieurs informateurs laissent entendre que l’état-major du bateau et des responsables de la compagnie qui opère ce bateau, Kyodo Senpaku, ferment les yeux depuis plus de 10 ans sur ces activités frauduleuses. Un des informateurs lié à cette entreprise affirme à Greenpeace que des responsables de l’Institut de recherche sur les cétacés (ICR) qui étaient à bord de la dernière expédition du Nisshin Maru étaient au courant de ces activités frauduleuses mais n’ont rien fait.

« Les informations que nous avons recueillies suggèrent que ce scandale a pris une telle ampleur qu’il était impossible pour la compagnie et l’ICR de l’ignorer », prétend Junichi Sato, coordonnateur de la campagne Baleines de Greenpeace Japon. « Ils ferment les yeux sur de la corruption à grande échelle et sur le détournement de l’argent des contribuables japonais à des fins illégales. Une enquête publique doit maintenant démontrer clairement à qui d’autre profite le programme baleinier du gouvernement japonais et qui a permis que cette fraude puisse se continuer ».
À partir d’indications fournies par d’anciens et actuels employés de Kyodo Senpaku, Greenpeace a pu observer le 15 avril 2008 un déchargement de viande de baleine de contrebande dans un camion spécial, à la vue des responsables de Kyodo Senpaku et des membres d’équipage du Nisshin Maru. Ce camion a alors été suivi par des activistes de Greenpeace jusqu’à un entrepôt de Tokyo. Une des quatre boîtes qui était destinée à la même adresse a été interceptée pour en vérifier le contenu et établir la fraude.

Les notes d’expédition de cette boîte affirmaient qu’elle contenait du « carton ». En réalité, cette boîte contenait 23,5 kg de viande de baleine de qualité supérieure d’une valeur de plus de 3000 $ CAN. Un informateur a fait savoir à Greenpeace que 12 membres d’équipages pouvaient passer ainsi jusqu’à 20 boîtes chacun grâce à un tel système.

Des enquêtes approfondies à l’ensemble du Japon ont également révélé que de nombreux bars et restaurants attendaient la livraison prochaine de viande de baleine issue de la chasse de cette année, malgré le fait que l’Agence des pêches du Japon et l’ICR ne permettent pas la vente de viande de baleine avant juin 2008.

Le programme scientifique de chasse à la baleine dans le Sanctuaire baleinier de l’océan Austral, que soutient le gouvernement japonais, est continuellement l’objet de controverses, de mensonges et de scandales. Ce dernier épisode soulève plusieurs questions, à savoir à qui profite un programme de chasse à la baleine qui ne produit pas de résultats scientifiques valables et est insoutenable sur le plan commercial.
« Les Japonais, qui paient de leurs taxes pour ce programme, ont le droit de savoir qui bénéficie de leurs deniers publics », reprend Junichi Sato. « Le programme baleinier du Japon a été honteusement dénoncé sur la scène internationale pour son manque de crédibilité scientifique. Ce scandale de corruption vient brouiller la situation au Japon. Le programme de chasse à la baleine doit être arrêté et l’argent public des Japonais doit être mieux dépensé ».

Une enquête publique permettrait également de faire la lumière sur une série d’autres allégations parmi lesquelles :

  • Le délestage quotidien en pleine mer de plusieurs tonnes de viande de baleine en raison de l’incapacité pour le bateau-usine de traiter des volumes de viande ayant été récemment augmentés.
  • Des tumeurs cancéreuses ont été observées et tranchées des carcasses de baleines. La viande restante aurait été traitée pour être destinée à la vente publique.
  • La pratique d’une chasse ciblée plutôt qu’aléatoire telle que l’exigent les permis officiels de chasse à la baleine.
  • Des conditions de travail peu décentes en raison de l’augmentation du travail résultant de l’augmentation des quotas de chasse.

Pour plus de renseignements :
Kyoko Murakami – Relations publiques, Greenpeace Japon + 81 80 5088 3048
Junichi Sato – Coordonnateur campagne Baleine, Greenpeace Japon : + 81 80 5088 2990
Dave Walsh, Greenpeace International : +81 80 5416 6508
Sara Holden, Greenpeace International : + 81 80 5088 2893

Notes :
Un dossier est disponible en anglais à
http://www.greenpeace.org/whale-meat-scandal

Un reportage vidéo est disponible en anglais à :
http://www.greenpeace.org/international/photosvideos/greenpeace-tv

Des extraits vidéo des preuves accumulées sont disponibles à :
www.greenpeace.org/international/press/video-previews
Ces vidéos peuvent être téléchargés en format MPEG2 et NTSC sur le site FTP suivant :
ftp://share.greenpeace.org
Usager : gptv
Mot de passe : deogheuz
Répertoire : 080515 Whale meat Japan
Documents : 080515 Whale meat Japan [narrated].mpg
080515 Whale meat Japan [b-roll].mpg

Des photos peuvent être consultées à:
ftp://share.greenpeace.org
Usager : photogreenpeace
Mot de passe : oufieroh
Répertoire: Whaling_Dossier

Greenpeace International Picture Desk + 44 (0) 7801 615 889