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Un rapport international publié par Greenpeace, le 10 avril 2008, démontre que l'exploitation de la forêt boréale a un effet direct sur les changements climatiques. Dans cette étude intitulée Une forêt chauffée à blanc, on apprend qu’en plus de dégrader les écosystèmes, l’exploitation forestière est une importante source d’émissions de gaz à effet de serre (GES).
L’intérêt pour la lutte aux changements climatiques est partagé par des scientifiques, des citoyens, des décideurs et même des industriels du monde entier. C’est la préoccupation environnementale de l’heure. Elle nous touche tous. Elle nous concerne tous. Et elle compromet désormais notre gestion forestière.
Un rapport de Greenpeace jette un nouvel éclairage sur les liens entre protection de la forêt boréale et lutte aux changements climatiques. Puisque le gouvernement du Québec travaille à l’heure actuelle à construire la prochaine grande politique forestière, il doit nécessairement prendre acte de ce rapport. Québec a désormais une raison de plus pour protéger les territoires intacts de la forêt boréale.
1. Les coupes à blanc entraînent une augmentation des émissions de carbone, une réduction de la capacité de stockage de la forêt et une accélération de la fonte du pergélisol. De plus, les coupes réduisent la résilience de la forêt et sa capacité d’adaptation aux conséquences des changements climatiques, comme l’augmentation des incendies de forêt et des infestations d’insectes.
2. La forêt dégradée devient de plus en plus vulnérable aux impacts du réchauffement climatique. Dans bien des cas, ces impacts engendrent à leur tour de nouvelles émissions de GES, de telle sorte qu’un cercle vicieux est créé où le réchauffement dégrade la forêt qui, une fois dégradée, augmente le réchauffement à son tour.
3. Les grandes zones de forêt boréale intacte – celles qui sont encore dans leur état naturel – seront plus aptes à récupérer et à résister aux conséquences des changements climatiques que celles qui sont fragmentées par des routes, l’exploitation forestière et minière et d’autres activités humaines. Elles permettent également de préserver d’importants réservoirs de carbone.
Pour réaliser cette étude, une revue exhaustive de la littérature scientifique a été conduite par des chercheurs de l’Université de Toronto. On y apprend entre autres que si on laisse le cercle vicieux se poursuivre, cela pourrait engendrer un phénomène de libération massive et rapide de GES dans l’atmosphère, communément appelé « bombe de carbone ». Selon les auteurs, pour mettre un frein à ce cercle vicieux et éviter une « bombe de carbone », il faut non seulement réduire les GES provenant de combustibles fossiles, mais placer également de grandes zones de forêt boréale intacte à l’abri de la coupe et d’autres activités industrielles. Ceci est particulièrement important dans le cas des forêts du sud, puisque ces secteurs sont biologiquement très riches
Greenpeace presse donc les gouvernements et les industriels de la forêt à adopter des mesures pour protéger la forêt boréale, préserver sa biodiversité et atténuer les changements climatiques.
La publication de ce rapport portant sur les changements climatiques et la forêt boréale s’inscrit dans le cadre de la démarche que Greenpeace effectue auprès des compagnies forestières depuis la publication du rapport Destruction en chaîne en août 2007. Elle va dans le même sens que les revendications que nous avons faites au gouvernement pour de meilleures politiques publiques sur la gestion forestière. Enfin, elle s’ajoute à la publication, en avril 2007, du rapport Emplois en dents de scie en avril 2007.
Ressources supplémentaires
Lire le rapport complet en anglais
(Version complète du rapport « Turning Up the Heat»)
Lire le rapport technique en anglais
(Revue de littérature scientifique qui a inspirée le rapport « Turning Up the Heat» )